Relancer un client qui doit, sans le perdre : cinq messages qui marchent

Le rappel de crédit est le message le plus difficile à envoyer dans une boutique. Cinq modèles WhatsApp, du plus doux au plus ferme, et le moment où envoyer chacun.

Par L'équipe Remora · · 4 min de lecture

Personne n'aime envoyer ce message. On a peur de vexer, de passer pour quelqu'un qui court après l'argent, de perdre un client qu'on connaît depuis des années. Alors on attend. Et la dette grossit, et le message devient encore plus difficile à envoyer.

Voici ce qui marche vraiment : relancer tôt, relancer doucement, et relancer par écrit.

Pourquoi relancer tôt est plus gentil que relancer tard

Un client qui doit 3 000 FCFA depuis dix jours paie facilement. Le même client qui doit 18 000 FCFA depuis deux mois évite votre boutique, parce qu'il a honte, et parce qu'il n'a plus la somme en une fois.

La relance précoce n'est pas une pression, c'est un service : elle empêche la dette d'atteindre le montant où elle devient un problème pour lui. Chaque semaine de retard rend le paiement plus dur et la relation plus froide.

La règle simple : premier message à dix jours sans paiement, quel que soit le montant.

Message 1 : le rappel du samedi (à dix jours)

À envoyer à tous les clients qui n'ont rien payé depuis dix jours. Court, neutre, avec le chiffre.

Bonsoir Maman Kadi, c'est la boutique Chez Élise. Petit rappel : votre compte est à 4 500 F (savon et huile du 3). Vous passez quand vous voulez cette semaine. Bonne soirée !

Ce qui compte : le prénom, le montant exact, ce qui a été pris, et une porte ouverte (« quand vous voulez »). Pas de « urgent », pas de point d'exclamation en série.

Message 2 : la relance avec la date (à trois semaines)

Si le premier message n'a rien donné, on ajoute une date. Pas une menace : une proposition.

Bonjour Maman Kadi, je reviens vers vous pour les 4 500 F du compte. Est-ce que samedi vous arrange pour passer ? Si c'est compliqué, dites-moi ce qui est possible, on s'arrange.

« Dites-moi ce qui est possible » est la phrase clé. Elle transforme un rappel en conversation. Beaucoup de clients répondent « je paie 2 000 samedi et le reste fin du mois ». Prenez-le. Un paiement partiel vaut mieux qu'un silence, et vous l'écrivez au carnet.

Message 3 : le paiement en deux fois (quand le client répond « pas maintenant »)

Pas de souci. On fait 2 000 F samedi et 2 500 F le 30 ? Je note comme ça sur votre compte.

Vous venez de faire deux choses : garder le client, et transformer une dette floue en deux dates précises. Le carnet porte les deux échéances. Si la première est honorée, la seconde le sera presque toujours.

Message 4 : la relance ferme (à six semaines)

Deux messages sans réponse, aucun passage à la boutique. Il est temps d'être clair, toujours poli.

Bonjour Monsieur Tchoua. Le compte est à 12 000 F depuis le 20 juillet et je n'ai pas eu de réponse à mes deux messages. Je vous demande de passer régler avant vendredi. Je ne pourrai pas accorder de nouveau crédit tant que le compte n'est pas soldé.

La dernière phrase est la seule « sanction » utile : plus de crédit, pas d'humiliation. Elle est proportionnée, elle est logique, et elle protège la boutique.

Message 5 : quand la dette passe en perte

Certains ne paieront pas. À trois mois sans un paiement partiel ni une réponse, écrivez la dette comme perdue dans votre carnet, avec la date. Ne la laissez pas gonfler le total pendant un an. Et n'envoyez pas de sixième message : vous avez la trace écrite des quatre premiers, elle suffit si le client revient un jour.

Un dernier message, purement factuel, ferme la porte proprement :

Bonjour Monsieur Tchoua, je clôture le compte à 12 000 F impayés à ce jour. Si vous souhaitez le régler plus tard, la boutique reste ouverte. Bonne continuation.

Ce qui rend tout ça possible : un compte par client, à jour

Aucun de ces messages ne peut partir si vous ne savez pas, à la minute, ce que chaque client doit. Le rappel doux avec un chiffre faux est pire que pas de rappel. C'est pour ça que tout commence par un carnet de dettes qui tombe juste, et par un plafond par client fixé à l'avance (combien de crédit accorder).

Dans Remora Sales, chaque client à crédit a son compte : ce qu'il a pris, ce qu'il a payé, ce qui reste, et la date du dernier paiement. Le samedi, la liste de ceux qui n'ont rien payé depuis dix jours se lit d'un coup d'œil, et le rappel part depuis le compte, en un clic, sur Nyocte ou sur WhatsApp, avec le bon montant écrit dedans. Vous n'avez plus à recopier un chiffre, ni à retrouver le numéro.

Si les relances sont la partie du métier que vous repoussez toujours au lendemain, demandez l'installation : on charge vos clients à crédit avec leurs soldes avant le premier matin, et le premier samedi, les rappels partent.

Questions fréquentes

Vaut-il mieux relancer par message ou en face ?

Par message d'abord, toujours. Un message laisse au client la possibilité de payer sans avoir à s'expliquer devant les autres clients. La conversation en face vient seulement si deux messages sont restés sans réponse, et elle se fait à part, pas au comptoir.

Faut-il relancer les petites dettes ?

Oui, et plus tôt que les grosses. Une petite dette de 2 000 FCFA s'oublie des deux côtés ; au bout de deux mois, le client a honte de revenir pour si peu et va acheter ailleurs. Vous avez perdu 2 000 FCFA et un client. Le rappel doux à dix jours évite les deux.

Et si le client se fâche ?

Un client qui se fâche parce qu'on lui rappelle poliment ce qu'il doit ne prévoyait pas de payer. Ce n'est pas la relance qui l'a perdu. Restez calme, gardez la trace écrite, et ne lui accordez plus de crédit tant que le compte n'est pas soldé.

L'équipe Remora

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